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"La chose en question arrivait. L'apocalypse mentale imminente, le chaos qui s'annonçait par signes discrets, avant l'anéantissement pur et simple.

Tout cela lui faisait baisser les paupières. Rideau. Noir. Fin de la mascarade et début de la chute. Chute vertigineuse mais préférable, oh oui, toujours préférable à cela, à cette survie aride, cette survie stupide qui ne menait à rien, sans but, sans joie, seulement ponctuée de brèves euphories et de grands désespoirs.

Elle fermait les yeux et tout apparaissait. L'obscurité faisait renaître les choses dans son esprit comme elle faisait revivre les monstres dans les chambres enfantines. Enfantine, ça, elle l'était.

Explosion intérieure.

Tout, tout apparaît, timide d'abord puis précipité, désordonné, d'une rare violence. Eux, elle, Elle, elles, ça, le mois d'octobre, l'été précédent, les notes de musiques sur le vieil autoradio de la voiture bringuebalante, son sixième anniversaire, les pleurs, les cris, les sourires faux...

Puis plus rien.

Elle. Aujourd'hui. Présente, douloureusement présente."

# Posté le samedi 12 janvier 2008 15:24

Modifié le vendredi 05 décembre 2008 19:16

(... et j'ajouterais que regarder la longueur des ongles d'une fille pour connaître son orientation sexuelle, c'est pervers. Mais ça n'a aucun rapport avec le texte qui suit.)

(... et j'ajouterais que regarder la longueur des ongles d'une fille pour connaître son orientation sexuelle, c'est pervers. Mais ça n'a aucun rapport avec le texte qui suit.)
..............Open your ears..............






















Il l'observait, la sondait en vain, tentant d'expliquer ces petits riens qui n'en étaient pas et qui faisaient tout : la pâleur de sa peau, la façon qu'elle avait d'osciller la tête de gauche à droite, puis de droite à gauche, au son d'une musique imperceptible, les mouvements nerveux de son regard, de ses doigts fins qui s'agitaient suivant un rythme connu d'elle seule.
Et il se disait qu'il y avait en elle une intériorité trop profonde, des choses trop enfouies. Des limbes sombres et inconnues, dans son c½ur, dans son esprit, et la quasi-certitude de ne jamais y pénétrer le plongeait dans une rage intense.
Il avait son corps, il avait une partie de son temps, une partie de sa vie. Mais tout cela lui paraissait bien maigre : il la voulait tout entière.
A quelques mètres de là, elle se disait qu'il ne l'aurait pas.






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CRI.





Et soudain il l'entendit.
Sa musique intérieure. Un son doux mais rapide, un chant sans paroles qui sonnait comme une plainte sans fin. Alliage complexe de sonorités enfantines et de combinaisons subtiles de notes à l'effroyable maturité.

Et soudain il la voyait. Cette musique, c'était elle, ce rythme, c'étaient les battements de son c½ur, cette mélodie les ondulations de son âme.
Il ouvrit grand les oreilles, ouvrit son corps tout entier à ce mouvement perpétuel qui s'achevait et recommençait inévitablement, régulier, imperturbable, avec une monstrueuse détermination, roulement inlassable des vagues s'abattant sur les rochers dans une nuit éternelle.
Il s'y ouvrit tout entier, tournant chacun de ses sens en direction de la source. Déjà il n'était plus rien qu'une substance spongieuse, perméable à ce son et uniquement à lui. Il avait perdu toute identité, toute réalité autre que ce déluge musical. Un instant encore et il ne faisait plus qu'un avec elle : cette musique, c'était elle mais c'était lui aussi ; cette combinaison de notes qui s'enchaînaient, s'enchevêtraient dans une danse passionnée, c'étaient eux, c'étaient leurs deux corps enlacés, c'était l'union parfaite de deux âmes complémentaires qui n'en formaient plus qu'une.
Mais brusquement il lui parut que même cela était instable, insaisissable. Il croyait la tenir, créature fébrile et tremblotante entre ses mains grossières, mais déjà elle se débattait, déjà elle s'échappait, petit animal fragile mais agile, glissant et évanescent.

# Posté le vendredi 11 janvier 2008 15:07

Modifié le vendredi 05 décembre 2008 19:16

(J'ai un problème avec les gens qui n'en ont pas.)

(J'ai un problème avec les gens qui n'en ont pas.)
Elle avait peu de principes, et surtout pas de certitudes. Mais elle avait beau essayer d'en douter, tourner et retourner la question dans tous les sens, l'étriller, la disséquer jusqu'à découvrir l'ultime enveloppe de ses entrailles, elle en arrivait toujours au même point : elle n'était pas à sa place.
Cette impression désagréable était une de celles que, elle le savait, partagent la plupart des êtres humains. Du reste elle ne se sentait ni unique ni particulièrement isolée. Mais demeurait en elle cette sensation inconfortable, qui lui donnait envie de fuir. L'impression d'être constamment à la recherche de l'endroit où elle aurait dû se trouver. Comme le roi dont la place sur l'échiquier est devenue incertaine par les mouvements successifs des pièces, elle se sentait fragile, en danger permanent. Incapable de jouer un rôle dont elle ignorait la nature exacte, elle errait ça et là, évitant autant que possible ses congénères, en particulier ceux qui avaient cette chance odieuse de savoir où ils allaient, et pourquoi ils y allaient. Peu à peu, les allées et venues de ces êtres étranges, monstrueux dans leur bien-être, lui devenaient insupportables.


# Posté le vendredi 11 janvier 2008 14:24

Modifié le vendredi 05 décembre 2008 19:17

OMINOUSOMINOUSOMINOUS (il n'y a pas de message caché pervers dans ces trois mots collés les uns aux autres)

OMINOUSOMINOUSOMINOUS (il n'y a pas de message caché pervers dans ces trois mots collés les uns aux autres)
"C'était comme si le non-sens de ma vie m'était apparu, là, fulgurant, sur ce quai de gare désert.
Il n'y avait personne à observer. Personne à aimer et personne à détester et je me sentais vide. Rien.
Rien ne m'encourageait à poursuivre le fil de cette existence stérile et morne, mais rien ne m'engageait à le sectionner définitivement. En attendant une chose dont j'ignorais la nature et dont l'existence même était incertaine, je me contentais de l'entailler, de l'user, de le forcer à se consumer un peu, juste un peu. Et je vivais un peu, juste un peu."

























Eve s'empara du cendrier de cristal et lui jeta à la figure. Déluge de rage et d'amertume contenue. Explosion de colère et de peine. Implosion. Apocalypse intérieure.

Puis elle attendit le châtiment.

L'expulsion n'avait de bon que la réaction qu'elle entraînait. Elle aurait très bien pu se passer d'une purgation qui ne la ferait pas se sentir mieux mais se sentir vide.Anéantie. Non, rien sinon la punition tant espérée ne l'incitait à donner naissance à cette scène pathétique.

Mais elle attendait et rien ne venait. Elle priait de toutes ses forces pour qu'enfin arrive cette violence, cette violence qui la ferait pleurer de douleur, de douleur et de jouissance.

Arriva le moment où l'attente était trop longue pour laisser subsister l'espoir qu'elle s'arrête un jour. Et à présent elle se sentait plus perdue que jamais, car coupable de son malheur : la faute était SA faute. Et elle devait l'assumer.

Elle avait ouvert la boîte de Pandore dans laquelle elle se plaisait à plonger. Mais il n'y avait plus de malheur beau et profond dans le quel se complaire. Seulement un fond de désespoir où elle ne pouvait que patauger, échouée, misérable comme un poisson mourant.

# Posté le jeudi 03 janvier 2008 17:47

Modifié le vendredi 05 décembre 2008 19:17

Décalée je suis. (Je n'ai pas de vie, number two.)

Décalée je suis. (Je n'ai pas de vie, number two.)
Rendez vous compte je n'ai vu la nouvelle année arriver qu'à une heure et quart du matin.

J'ai très envie d'une clope et, accessoirement, d'une vie digne de ce nom (et là tout de suite maintenant je m'interroge sur la nature de la chose). Je déteste autant la nouvelle année que l'ancienne. J'ai fait mes premières conneries mentales de 2008, ce qui est mal mal mal et me fait du bien, bien, bien. Bordélique du cerveau je suis.

Et là, tout de suite, je songe au fait qu'il faudrait que j'arrête (bizarre formulation) d'exposer ma non-vie sur un blog stupide dont je suis la première à avoir pitié. Sauvez-vous en courant les gens, mais silencieusement, j'ai mal à la tête.








Je n'aime pas les débuts d'années. Je n'aime pas entendre "bonne année" à chaque coin de rue, dans le train, dans le tram, dans le téléphone, dans la maison, dans toutes les bouches pleines de dinde et de champagne régurgités. Je n'aime pas les formules toutes faites et celle-là en fait partie, au même titre que "ça va", "bonjour", "fuck you". Ah non, pas celle-là. Braaaaaaaaaaaayf.








Fucking new year.




(image : godsmorphine sur deviantart)

# Posté le mardi 01 janvier 2008 17:13

Modifié le vendredi 05 décembre 2008 19:17