Laliloula.

Laliloula.
Il avait pris sa décision et la savourait avec délectation. Il allait la quitter, enfin, il allait se libérer de l'emprise étouffante de cette créature malsaine qui faisait de lui un être en demi-vie.
Ivre de joie, il se laissait envahir par une euphorie démente, une exultation qui tordait ses nerfs et emballait son coeur.

Il était fou d'amour, il devint fou de haine.

Et il riait. Il riait, le bienheureux, et il se répétait ces quelques mots avec un plaisir toujours renouvelé, toujours plus fort, toujours plus grand ; "je la déteste, je la déteste", et il se laissait porter par le rythme effréné de sa rage, de sa fausse liberté, de sa folie.

# Posté le vendredi 11 avril 2008 19:47

Modifié le vendredi 05 décembre 2008 19:13

Bonjour, je recherche la sérénité BORDEL DE MERDE.

Bonjour, je recherche la sérénité BORDEL DE MERDE.
Voilà. Parce que voyez-vous mon problème n'est pas de trouver le bonheur, mais d'avoir un moment de répit dans l'immonde flux de ma conscience pour en profiter.

# Posté le vendredi 04 avril 2008 14:29

Modifié le vendredi 05 décembre 2008 19:13

Hier, un toujours dans le jamais.

Hier, un toujours dans le jamais.
(Lisez L'Elégance du hérisson, c'est un livre qui en vaut la peine. Et ne vous laissez pas décourager par le fait qu'il trône dans les rayons des meilleures ventes entre une biographie de Carla Bruni et le dernier Anna Gavalda.)


Hier donc, il y a eu un toujours dans le jamais.

J'étais descendue fumer une cigarette nocturne devant la maison (désaccord parental oblige), et je regardais le vide d'un ½il éteint. Il faisait très noir et très froid.

Et là, le toujours a eu lieu.

Il s'est produit quelque chose dans le ciel que je ne voyais pas, mais que je ressentais, immense, comme une présence au dessus de ma tête. Un déchirement, un déchirement très doux.

Et d'un coup, il s'est mis à pleuvoir. Puis à grêler, presque immédiatement. Très fort.

Et comment dire. C'était très étrange. Comme si j'avais DEMANDE au ciel de s'ouvrir et de se déverser sur la terre et qu'il m'avait ENTENDUE.
C'était comme si le ciel pleurait à ma place. Comme s'il avait compris que je ne pouvais pas, que je ne pouvais plus et qu'il avait accepté de me soulager.


Je m'étais abritée contre le mur du garage, sous l'étroit rebord du toit, de sorte que je voyais l'averse sans en subir les assauts.

Et c'était terriblement beau. Eau sur air. Noir sur blanc. La grêle emplissait l'atmosphère et envahissait tout. L'eau ruisselait partout et venait s'écraser sur le bout de mes chaussures.

J'ai tendu la main en avant. Les grêlons me fouettaient la peau, y rebondissaient, et je m'en amusais comme une fillette. Ça faisait un peu mal et ça faisait du bien.

Et puis ça s'est arrêté. Aussi vite que c'était venu. Il y a eu encore quelques grêlons, quelques gouttes de pluie, mais c'étaient comme les derniers sanglots d'une crise de larme, de ces sanglots déjà apaisés, qui ne sont que les résidus physiques des spasmes du corps.

Et puis plus rien. Le temps a recommencé à fuir.





Mais j'ai expérimenté l'éternité.

# Posté le samedi 22 mars 2008 15:03

Modifié le vendredi 05 décembre 2008 19:13